Sur le Rhin Sauvage – escale à Leimersheim

Sur le Carnet de Molly – 24 juillet…  Nous venons de quitter Beinheim, Port du Cercle Nautique de l’Alsace du Nord. Nous y avions abandonné la pauvre Dorabella qui y est restée 1 mois à attendre comme Godot l’ouverture du Plan Incliné d’Arzviller qui devait être réparé pour le 15 juillet et qui finalement n’est toujours pas opérationnel. Donc application du plan B: descendre le Rhin jusqu’à Coblence et de là remonter la Moselle et la Sarre.

Sur le Rhin sauvage, à hauteur de Lauterbourg

Sur le Rhin sauvage, à hauteur de Lauterbourg. Hauts fonds et chenal plus étroit par endroits occasionnent remous et tourbillons. Il faut bien rester dans le chenal balisé…

De Beinheim à Maxau

Nous prenons donc congé de nos hôtes du Cercle Nautique d’Alsace du Nord et nous voici partis sur ce qu’ils appellent le « Rhin Sauvage ». Imaginez un peu: plus une seule écluse jusqu’à la mer du Nord! Plus de temps perdu à attendre son tour en faisant des ronds dans l’eau quand il n’y a pas de ponton d’attente. En contrepartie, le fleuve est livré à lui-même et les conditions de navigation seront plus que jamais liées à son débit. Nous sommes avalants et le Rhin, bien que en régime de basses eaux, va nous faire avancer à une vitesse que nous n’avions pas encore atteinte, pas même sur le Rhône l’an dernier.

Barge transportant le tablier du pont du nouveau tram de Strasbourg à Kehl

Une rencontre impressionnante: la barge transportant le second tablier du pont du nouveau tram de Strasbourg à Kehl. Le pousseur belge Walwick (2 x 1350 CV) remonte précautionneusement le Rhin avec un convoi de 4 000 t et 220 m au total!

ravitaillement au port de plaisance de Maxau

Ravitaillement en carburant au port de plaisance de Maxau (Karlsruhe). L’équipage en a profité pour déjeuner au club nautique local.

Sur le Carnet de Molly – 24 juillet… Le bateau file comme le vent dans le sens du courant. Presque 11 noeuds!

Il faut toutefois être très attentif à la circulation des commerces qui sont extrêmement nombreux. Tous ces bateaux sont de nationalités allemande, néerlandaise, belge ou suisse. Pas vu de français. Où sont-ils et que font-ils? Il est tout de même curieux, alors que Strasbourg est le 2e port fluvial français, que tout le trafic soit assuré par des entreprises étrangères. A moins que les français ne naviguent sous pavillon étranger plus avantageux? Mystère…

Molly à la barre de Dorabella

Molly à la barre de Dorabella

Une arrivée sportive !

Abrutis par la canicule nous nous étions dit que le petit port de Leimersheim caché dans la verdure au sud de Speyer serait un endroit charmant pour faire escale et attendre que la journée d’orages annoncés passe… Au téléphone, le capitaine du port nous avait bien conseillé de faire attention au courant et aux haut-fonds. Nous avons fait de notre mieux mais la vedette de la police fluviale allemande qui nous escortait et nous photographiait a certainement nui à notre concentration. La grosse prise d’eau juste en aval du chenal menant au port et le courant supplémentaire généré n’a pas arrangé les choses… Nous sommes revenus à contre-courant mais nous avons viré sur tribord trop tôt… Lorsque la quille du bateau est allée flirter avec le banc de gravier qui a tenté de la retenir: la pauvre Dorabella, déstabilisée par le courant, s’est mise à gîter sur tribord de façon impressionnante. Le capitaine, soudain rappelé à une réalité urgente, s’est heureusement ressaisi et, poussant la puissance à fond, a réussi à ramener le navire en eau (suffisamment) profonde. Ouf!

Accès au petit port de Leimersheim

Accès au petit port de Leimersheim: il faut littéralement se coller au quai pour échapper au courant et aux bancs de gravier qui obstruent le passage! Pour entrer, remonter le Rhin au maximum et bifurquer rapidement à angle droit et en appliquant une grosse ressource pour que le courant n’ai pas le temps de vous entraîner sur les bancs de gravier que l’on distingue au milieu du passage… On pourrait se dire qu’un balisage rendrait service. Sauf que, avec les crues du Rhin, le profil change tout le temps.

Sur le Carnet de Molly – 24 juillet… Navigation sans histoire jusqu’à Leimersheim (DE). A Leimersheim nous sommes arrivés avec une chaleur torride on a failli s’échouer sur le banc de graviers à l’entrée du port. Le capitaine du port est venu nous accueillir et plus tard nous proposer des petits pains pour le lendemain matin, une belle tradition d’hospitalité allemande.
La nuit a été agitée par un bel orage qui a éclaté vers 23h30 et a duré plusieurs heures et a fait chuter la température de 10°. Ouf, il fait moins chaud! Mais il y a maintenant un fort vent de 60 km/h en rafales.

Une escale buccolique

Sur le Carnet de Molly – 24 juillet… Allons quitter Leimersheim demain c’est à dire le dimanche 26/07 pour Speyer où nos amis américains Bob et Sylvia nous attendent. Ils arrivent de Besançon où ils ont laissé Désirée (la vedette hollandaise que nous leur avons vendue il y a 3 ans). Ils nous rejoignent en train en passant par Strasbourg et Karlsruhe.

Bateau porte-conteneurs passant devant l'accès au port de Leimersheim

La sortie du port, au contraire, à l’abri du courant du Rhin, ne pose aucun problème… A condition de bien observer ce qui se passe sur le fleuve: ici un bateau porte-conteneurs passant devant l’accès au port de Leimersheim. Si un ou plusieurs patapoufs (*) surviennent, on peut s’amarrer facilement au quai en attendant que la voie soit libre…

(*) Patapouf : bateau de commerce jusqu’à 110 mètres de long dans le jargon de l’équipage de Dorabella. La nuit, lorsque tout est calme, le moteur des navires de commerce qui glissent sur le Rhin fait un pouf pouf pouf sourd… Mais « Patapouf » dans le langage des enfants est aussi quelqu’un de gros et de lourd… Mais lorsque les bateaux sont de plus en plus gros, il faut trouver une gradation.
Voici donc celle que nous avons établie par expérience.

  • Pata-pouf : bateau de commerce jusqu’à 110 mètres de long
  • Pata-pouf-pouf : bateau de commerce jusqu’à 110 mètres de long + barge poussée. Souvent un convoi de 190 mètres au total.
  • Pata-pouf-pouf-pouf : bateau de commerce jusqu’à 110 mètres de long + barge de 80 mètres + une ou 2 barges à couple! Donc uonvoi de double largeur et 190 mètres de long. Impressionnant.