Spire (Speyer), ville historique au port de plaisance flambant neuf

Le départ de Leimersheim (KM 373) fut beaucoup moins chaotique que l’arrivée (voir l’article précédent) et la navigation de la journée plutôt courte puisque le port de plaisance de Speyer est au KM 401. Soit 2 petites heures de navigation.

Un port de plaisance flambant neuf et bien pensé

Dorabella au port de Speyer

Dorabella au port de Speyer. Le niveau du Rhin est bas en cet été 2015. La rampe d’accès est d’autant plus raide à monter!

A Speyer, le port de plaisance n’est qu’à quelques pas de la ville historique. Il a été pensé en tant que partie intégrante du cadre de vie avec de beaux immeubles de qualité qui l’entourent (avec de belles terrasses donnant sur le port). Ici on a compris que les bateaux de plaisance sont un élément essentiel à la vie du fleuve et à l’animation du cadre de vie, y compris pour tous ceux qui ne naviguent pas.

Port de plaisance de Speyer sur fond de cathédrale

Le port de plaisance de Speyer est à deux pas du centre-ville historique. Les tours de l’imposante cathédrale romane surgissent derrière les bâtiments résidentiels aux larges baies vitrées et spacieuses terrasses qui bordent le port.

La navigation est aussi ancienne que la civilisation. La navigation de plaisance n’est pas une lubie pour gens qui ont de l’argent à jeter par la fenêtre mais une façon de passer ses loisirs à la mode nomade. La résidence secondaire est passée dans les mœurs depuis longtemps. Un bateau n’est pas autre chose qu’une résidence secondaire capable de se déplacer et de s’installer dans un environnement toujours différent. Une sorte de camping-car qui glisse au fil de l’eau. Pourtant, bien des camping-cars modernes sont beaucoup plus chers que nombre de bateaux de plaisance. Passe-t-on son temps à regarder manœuvrer les camping-cars? Non. Par contre, les évolutions des bateaux sur l’eau ont toujours fasciné petits et grands.

Un tout nouveau bâtiment multi-fonctions: restaurant gastronomique, capitainerie et sanitaires pour le port.

Lorsque nous arrivons à Speyer, le tout nouveau bâtiment sur le port qui abrite un restaurant gastronomique, la capitainerie et les sanitaires, est ouvert depuis 15 jours seulement. « Gastronomique » n’est pas un vain mot. Nous y avons déjeûné et nous nous sommes régalés d’une cuisine fine et savoureuse qui n’a rien à envier aux meilleurs restaurants français. Ceux qui sont des adeptes du guide Michelin rouge savent que le nombre de belles tables a explosé en Allemagne, où il est possible depuis quelques années de faire de très belles découvertes.

Accès aux nouvelles installations sanitaires du port de Speyer

Accès aux nouvelles installations sanitaires du port de Speyer. Sur la droite le lecteur de code-barres qui vérifie que c’est bien un usager dûment enregistré qui veut pénétrer dans les lieux.

Quant aux installations hi-tech du port, bien des marinas françaises beaucoup plus chères seraient avisées de s’en inspirer. Mis à part la permanence à la capitainerie (joignable sur téléphone portable en dehors des heures de présence), tout le reste est automatisé et permet de limiter les coûts tout en offrant une prestation souple de bon niveau.


A son arrivée, chaque bateau reçoit par téléphone (ou à la borne d’information au ponton d’arrivée) un code pour sortir du ponton d’amarrage et se rendre au bâtiment principal. Plus exactement, la première étape consiste à se rendre à la caisse automatique du parking qui gère également les places de port. On y renseigne la taille de son bateau et son emplacement, le nombre de nuits et de personnes, etc. On paie la somme affichée et la machine délivre un reçu avec un code-barres valable pour le temps choisi. L’accès aux sanitaires et aux pontons depuis l’extérieur est contrôlé par la lecture optique du code-barres. Plus de clé à obtenir et à restituer… Le port est sous vidéo-surveillance. Sale temps pour les resquilleurs qu’on rencontre de temps en temps, qui profitent des installations des ports et partent à la cloche de bois au petit matin sans payer.

Speyer, ville d’histoire

Speyer ville d'histoire

Speyer ville d’histoire… Au petit matin, en allant chercher le pain frais…

Speyer (Spire en français) compte aujourd’hui environ 50 000 habitants. C’est une ancienne ville impériale, dont l’imposante cathédrale romane est l’un des monuments majeurs de l’art du Saint-Empire romain germanique. Pendant 3 siècles elle a été le lieu de sépulture de huit rois et empereurs allemands. Au XVe siècle, Speyer est un centre important de fabrication du drap. Elle devient aussi un centre pour l’imprimerie. En 1689, lors des guerres de succession du Palatinat, la cathédrale et la ville sont presque totalement incendiées par Ezéchiel de Mélac et les troupes françaises de Louis XIV. Dix ans après, les habitants sont autorisés à se réinstaller dans la ville détruite. Tous les bâtiments historiques sont construits lors de cette période, à partir de 1700, comme la mairie, l’église de la Trinité, la maison des marchands sur la place de l’ancien marché et de nombreuses maisons bourgeoises. C’est de cette époque que date l’aspect actuel de la ville historique de Speyer.

Gourmandise à la terrasse d'un glacier sur la grand-place de Speyer

Gourmandise à la terrasse d’un glacier (ils sont plusieurs) sur la grand-place de Speyer. La cathédrale romane à l’arrière-plan. Le bâtiment en partie masqué par la crème glacée est l’ancienne mairie.

Larguez vos amarres !

Speyer n’est quà 100 kilomètres environ de Strasbourg par le Rhin. Pourtant, nous n’avons pas rencontré beaucoup de pavillons français en chemin. Juste un ou deux en fait. C’est bien dommage. C’est une belle destination de sortie au départ de l’Alsace, surtout pour les nombreux bateaux fortement motorisés que nous avons vus sommeiller dans les ports plus en amont et qui sont parfaitement adaptés à la remontée du Rhin à contre-courant pour retourner à leur port d’attache. Les autres, comme nous, carresseront le Rhin dans le sens du poil en faisant une superbe boucle dans le sens inverse des aiguilles d’une montre: Rhin avalant jusqu’à Coblence, puis retour montant par la Moselle, la Sarre (des rivières canalisées et à faible courant bordées de paysages magnifiques) et le canal de la Sarre.

 

Sur le Rhin Sauvage – escale à Leimersheim

Sur le Carnet de Molly – 24 juillet…  Nous venons de quitter Beinheim, Port du Cercle Nautique de l’Alsace du Nord. Nous y avions abandonné la pauvre Dorabella qui y est restée 1 mois à attendre comme Godot l’ouverture du Plan Incliné d’Arzviller qui devait être réparé pour le 15 juillet et qui finalement n’est toujours pas opérationnel. Donc application du plan B: descendre le Rhin jusqu’à Coblence et de là remonter la Moselle et la Sarre.

Sur le Rhin sauvage, à hauteur de Lauterbourg

Sur le Rhin sauvage, à hauteur de Lauterbourg. Hauts fonds et chenal plus étroit par endroits occasionnent remous et tourbillons. Il faut bien rester dans le chenal balisé…

De Beinheim à Maxau

Nous prenons donc congé de nos hôtes du Cercle Nautique d’Alsace du Nord et nous voici partis sur ce qu’ils appellent le « Rhin Sauvage ». Imaginez un peu: plus une seule écluse jusqu’à la mer du Nord! Plus de temps perdu à attendre son tour en faisant des ronds dans l’eau quand il n’y a pas de ponton d’attente. En contrepartie, le fleuve est livré à lui-même et les conditions de navigation seront plus que jamais liées à son débit. Nous sommes avalants et le Rhin, bien que en régime de basses eaux, va nous faire avancer à une vitesse que nous n’avions pas encore atteinte, pas même sur le Rhône l’an dernier.

Barge transportant le tablier du pont du nouveau tram de Strasbourg à Kehl

Une rencontre impressionnante: la barge transportant le second tablier du pont du nouveau tram de Strasbourg à Kehl. Le pousseur belge Walwick (2 x 1350 CV) remonte précautionneusement le Rhin avec un convoi de 4 000 t et 220 m au total!

ravitaillement au port de plaisance de Maxau

Ravitaillement en carburant au port de plaisance de Maxau (Karlsruhe). L’équipage en a profité pour déjeuner au club nautique local.

Sur le Carnet de Molly – 24 juillet… Le bateau file comme le vent dans le sens du courant. Presque 11 noeuds!

Il faut toutefois être très attentif à la circulation des commerces qui sont extrêmement nombreux. Tous ces bateaux sont de nationalités allemande, néerlandaise, belge ou suisse. Pas vu de français. Où sont-ils et que font-ils? Il est tout de même curieux, alors que Strasbourg est le 2e port fluvial français, que tout le trafic soit assuré par des entreprises étrangères. A moins que les français ne naviguent sous pavillon étranger plus avantageux? Mystère…

Molly à la barre de Dorabella

Molly à la barre de Dorabella

Une arrivée sportive !

Abrutis par la canicule nous nous étions dit que le petit port de Leimersheim caché dans la verdure au sud de Speyer serait un endroit charmant pour faire escale et attendre que la journée d’orages annoncés passe… Au téléphone, le capitaine du port nous avait bien conseillé de faire attention au courant et aux haut-fonds. Nous avons fait de notre mieux mais la vedette de la police fluviale allemande qui nous escortait et nous photographiait a certainement nui à notre concentration. La grosse prise d’eau juste en aval du chenal menant au port et le courant supplémentaire généré n’a pas arrangé les choses… Nous sommes revenus à contre-courant mais nous avons viré sur tribord trop tôt… Lorsque la quille du bateau est allée flirter avec le banc de gravier qui a tenté de la retenir: la pauvre Dorabella, déstabilisée par le courant, s’est mise à gîter sur tribord de façon impressionnante. Le capitaine, soudain rappelé à une réalité urgente, s’est heureusement ressaisi et, poussant la puissance à fond, a réussi à ramener le navire en eau (suffisamment) profonde. Ouf!

Accès au petit port de Leimersheim

Accès au petit port de Leimersheim: il faut littéralement se coller au quai pour échapper au courant et aux bancs de gravier qui obstruent le passage! Pour entrer, remonter le Rhin au maximum et bifurquer rapidement à angle droit et en appliquant une grosse ressource pour que le courant n’ai pas le temps de vous entraîner sur les bancs de gravier que l’on distingue au milieu du passage… On pourrait se dire qu’un balisage rendrait service. Sauf que, avec les crues du Rhin, le profil change tout le temps.

Sur le Carnet de Molly – 24 juillet… Navigation sans histoire jusqu’à Leimersheim (DE). A Leimersheim nous sommes arrivés avec une chaleur torride on a failli s’échouer sur le banc de graviers à l’entrée du port. Le capitaine du port est venu nous accueillir et plus tard nous proposer des petits pains pour le lendemain matin, une belle tradition d’hospitalité allemande.
La nuit a été agitée par un bel orage qui a éclaté vers 23h30 et a duré plusieurs heures et a fait chuter la température de 10°. Ouf, il fait moins chaud! Mais il y a maintenant un fort vent de 60 km/h en rafales.

Une escale buccolique

Sur le Carnet de Molly – 24 juillet… Allons quitter Leimersheim demain c’est à dire le dimanche 26/07 pour Speyer où nos amis américains Bob et Sylvia nous attendent. Ils arrivent de Besançon où ils ont laissé Désirée (la vedette hollandaise que nous leur avons vendue il y a 3 ans). Ils nous rejoignent en train en passant par Strasbourg et Karlsruhe.

Bateau porte-conteneurs passant devant l'accès au port de Leimersheim

La sortie du port, au contraire, à l’abri du courant du Rhin, ne pose aucun problème… A condition de bien observer ce qui se passe sur le fleuve: ici un bateau porte-conteneurs passant devant l’accès au port de Leimersheim. Si un ou plusieurs patapoufs (*) surviennent, on peut s’amarrer facilement au quai en attendant que la voie soit libre…

(*) Patapouf : bateau de commerce jusqu’à 110 mètres de long dans le jargon de l’équipage de Dorabella. La nuit, lorsque tout est calme, le moteur des navires de commerce qui glissent sur le Rhin fait un pouf pouf pouf sourd… Mais « Patapouf » dans le langage des enfants est aussi quelqu’un de gros et de lourd… Mais lorsque les bateaux sont de plus en plus gros, il faut trouver une gradation.
Voici donc celle que nous avons établie par expérience.

  • Pata-pouf : bateau de commerce jusqu’à 110 mètres de long
  • Pata-pouf-pouf : bateau de commerce jusqu’à 110 mètres de long + barge poussée. Souvent un convoi de 190 mètres au total.
  • Pata-pouf-pouf-pouf : bateau de commerce jusqu’à 110 mètres de long + barge de 80 mètres + une ou 2 barges à couple! Donc uonvoi de double largeur et 190 mètres de long. Impressionnant.

Breisach-am-Rhein et l’île sur le Rhin

Paquebot de croisière fluviale au pied de la vieille ville de Breisach am Rhein

Paquebot de croisière fluviale au pied de la vieille ville de Breisach am Rhein. Juste de l’autre côté de la digue du port de plaisance…

La destination choisie cette année se situe donc aux Pays-Bas. L’itinéraire prévoit de naviguer sur la Sarre, la Moselle et le Rhin. En attendant que le plan incliné de Arzwiller soit à nouveau fonctionnel, Dorabella patiente sur le Rhin. Au port de plaisance de l’île sur le Rhin (Biesheim), face au magnifique site de Breisach am Rhein, escale fort prisée des paquebots de croisière sur le Rhin.

Entre deux écluses, le repos de l'équipage

Entre deux écluses, le repos de l’équipage…

Le port de plaisance de l’île sur le Rhin

Nous avons réservé une place de port pour un mois. Le jour de notre arrivée nous avons eu la chance de pouvoir choisir la place et d’avoir une vue imprenable sur le site de Vieux-Brisach (Breisach am Rhein) et sa collégiale.

port de plaisance de l'ile du rhin nord

Le port de plaisance de l’ile du Rhin nord (en France) bénéficie d’un site privilégié à l’abri des remous et avec une belle vue sur Breisach am Rhein (en Allemagne).

Coucher de soleil sur le Rhin

Coucher de soleil sur le Rhin

Carte de situation du port de plaisance de l'île du Rhin

Le port de plaisance de l’île du Rhin se situe à une vingtaine de kilomètres à l’est de Colmar, entre Neuf-Brisach et Vieux-Brisach, non loin de l’écluse de Vogelgrün.

Port de plaisance et port industriel de Breisach am Rhein

Port de plaisance de l’île du Rhin (France) et port industriel de Breisach am Rhein (Allemagne). Séparés par une digue.

Le port de plaisance de l'ile du rhin nord

Le port de plaisance de l’ile du rhin nord bénéficie d’un site privilégié et protégé des remous. Il peut accueillir de nombreux bateaux de plaisance, y compris de grande taille.

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Au premier plan, le port de plaisance de Breisach am Rhein

Au premier plan, le port de plaisance de Breisach am Rhein. De l’autre côté du bras du Rhin, le port de plaisance de l’ile du rhin nord et ses installations. Vue prise depuis la terrasse du Café-Etoile dans les remparts de Vieux-Brisach.

Fête nautique

Notre séjour a coïncidé avec la fête nautique du club local à la mi-juin. Un week-end sympathique au bord de l’eau dans un cadre toujours aussi beau…

Breisach am Rhein, ville d’art et d’histoire

Les Français l’appellent « Vieux-Brisach » par opposition à la ville alsacienne de Neuf-Brisach construite par Vauban au XVIIe siècle sur la rive française du Rhin. Sur la colline du Münsterberg de Breisach se dresse la collégiale romane de Saint-Etienne qui mérite une visite.

Les copains d’abord…

A défaut de faire de grandes navigations, ce mois de juin 2015 a été celui du farniente. Les copains alsaciens sont venus nous rendre visite à bord. On a fait quelques sorties sur le Rhin et on a festoyé quelque peu…

Petit déjeuner gourmand

Pour y aller, il est préférable d’avoir un vélo. Mais cela peut être une promenade de mise en appétit avant le petit déjeuner. On traverse le pont sur le barrage du vieux Rhin et c’est juste après, sur la droite. De très nombreux travailleurs frontaliers alsaciens s’y arrêtent en se rendant au travail.
La boulangerie et salon de thé « Kaisers Gute Backstube » se trouve du côté allemand, juste après le pont, non loin du MacDo (mais rien à voir 🙂

Durant le mois que nous avons passé au port de l’île sur le Rhin, la « Kaisers Gute Backstube » a été notre point de ravitaillement en pains divers et variés, tous très bons. De bons petits déjeuners sont servis sur place. Certains esprits chagrins trouvent que c’est cher mais les produits de qualité ont un prix.

A la découverte du Kaiserstuhl

Comme nous n’étions pas loin de la maison (une cinquantaine de kilomètres seulement), nous disposions de notre voiture. Une belle occasion de retourner dans le petit vignoble allemand du Kaiserstuhl que nous aimons beaucoup et qui produit des vins remarquables, largement méconnus des français d’ailleurs. Tant pis pour eux :-). Il est possible de se rapprocher en bateau en s’arrêtant au petit port de Burkheim. Le joli village médiéval est facilement accessible à pied ou en vélo (2 km). On y fait d’excellents vins secs, rouges et blancs. Martine adore le Spätburgunder, le pinot noir local…

Liens utiles

Documentation pour naviguer sur le Rhin – malheureusement les publications françaises destinées aux plaisanciers occultent et ignorent le grand canal d’Alsace et le Rhin international. Comme si les plaisanciers n’y étaient pas les bienvenus. Ce qui est évidemment tout à fait faux. En témoignent les nombreux ports et clubs. La plupart sont installés sur la rive allemande et sont très actifs.
Voici donc le livre en allemand qui rassemble cartes et infos sur les ports. Il est exploitable même quand on ne parle pas l’allemand. L’édition la plus récente (2015) est disponible via internet auprès de l’éditeur. Les exemplaires proposés sur Amazon semblent plus anciens.

Wolfgang Banzhaf – Der Rhein 1 – Von Rheinfelden bis KoblenzGuide für die Sportschiffahrt

Le port de plaisance de l’île du Rhin n’a pas de site internet à notre connaissance. Dommage.

Vieux-Brisach ou Breisach am Rhein

Burkheim am Kaiserstuhl

La nuit tombe sur Breisach am Rhein

La nuit tombe sur Breisach am Rhein