Lorelei, Lorelei… Dans les gorges du Rhin romantique.

Dorabella sur le Rhin romantique

Dorabella sur le Rhin romantique

Aujourd’hui est le grand jour. L’étape tant attendue, le Rhin romantique par excellence, le défilé de la Lorelei qui retentit du chant de la nymphe, les gorges du fleuve gardées par les châteaux-forts comme autant de sentinelles surgies des siècles passés…

Un parcours sinueux aux rives escarpées gardées par de mystérieux châteaux-forts

Nous quittons le port de plaisance Rüdesheim au KM 525 pour Coblence au KM 591 où nous avons réservé une place à la Rhein-Marina Kaiser Wilhelm. Soit 66 kilomètres sur le papier et 3 heures et demie de navigation si le GPS affiche ses 11 nœuds habituels (dont environ 3,5 nœuds de courant favorable).

3 kilomètres après le départ, le chenal qui était dédoublé par une île à hauteur de Rüdesheim redevient unique à Bingen. La petite rivière Nahe fameuse pour ses vins se jette dans le Rhin un peu avant le célèbre Mäuseturm.

Le Rhin à hauteur de Bingen. A gauche on distingue la fine silhouette du célèbre Mäuseturm.

Le Rhin à hauteur de Bingen. A gauche on distingue la fine silhouette du célèbre Mäuseturm.

Selon la légende, la tour aurait été construite par l’archevêque de Mayence, Hatto II au Xe siècle. En ces temps de famine, cet homme sans pitié aurait refusé son aide aux pauvres alors que ses réserves étaient pleines de grains. Tandis que les pauvres continuaient de mendier, il les aurait enfermés dans une grange que ses sbires auraient incendiée. Au bruit des cris des mourants, il aurait déclaré: « Entendez vous couiner les souris là-dessous? »

C’est à ce moment que des milliers de rats seraient sortis de toutes parts. Leur nombre aurait fait fuir les domestiques de l’archevêque, lequel se serait enfui en barque, descendant le Rhin jusqu’à l’île en face de Bingen où il se serait cru en sécurité. Mais les rats auraient réussi à le suivre pour finir par le dévorer vivant.

Le Rhin entre dans un parcours aux berges escarpées couvertes de vignes et de châteaux

Le Rhin entre dans un parcours aux berges escarpées couvertes de vignes et de châteaux. Ici le château de Ehrenstein sur la rive droite, face à Bingen.

La fureur des rats et le châtiment qui s’en suivit se ressent encore aujourd’hui quand on passe là en bateau: les remous désordonnés et violents qui agitent l’eau du Rhin à cet endroit en témoignent. Le parcours devient sinueux et les rives de plus en plus escarpées. La largeur du fleuve se réduit, augmentant du même coup la vitesse du courant (ceux qui n’ont pas été trop près du radiateur pendant les cours de physique savent qu’il s’agit de l’effet de Venturi).

Notre ami Bob est à la barre. Cela me permet d’ouvrir l’œil (et le bon) sur le traffic soutenu des barges et des convois de commerces tout en appréciant un paysage fabuleux.

Barge de commerce… D'impressionnant convois circulent sur le Rhin romantique…

Barge de commerce… D’impressionnant convois circulent sur le Rhin romantique…

Une heure environ après le départ, au KM 546 nous passons le château de Pfalzgrafenstein sur l’île de Falkenau près de Kaub. Le château tout comme le site sont spectaculaires. Le donjon, en forme de tour pentagonale (Par contre, le rempart est hexagonal), a été érigé en 1327 par le roi de Bavière.

Château de Pfalzgrafenstein près de Kaub.

Le château de Pfalzgrafenstein près de Kaub. A l’arrière plan, le château-fort de Gutenfels.
Le château de Pfalzgrafenstein avait la fonction de poste de péage, car il était utilisé de concert avec le château Gutenfels et la ville fortifiée de Kaub, sur la rive droite du fleuve. Une chaîne à travers le fleuve contraignait les navires à se présenter, et les commerçants récalcitrants pouvaient être emprisonnés dans le cachot, jusqu’à ce qu’une rançon soit versée.

Heureusement, au moment où nous arrivons, la chaîne n’est pas tendue et nous avons pu échapper au cachot 🙂

Le Rhin près de Kaub avec les châteaux de Pfalzgrafenstein (sur une île, au milieu du fleuve) et de Gutenfels.

Le Rhin près de Kaub avec les châteaux de Pfalzgrafenstein (sur une île, au milieu du fleuve) et de Gutenfels.

Il faut aussi regarder derrière soi !

Il faut aussi regarder derrière soi !

Paquebot romantique sur le Rhin romantique…

Paquebot romantique sur le Rhin romantique… Passage tribord sur tribord.

La Lorelei entre fascination et appréhension…

Dorabella à l'approche du défilé de la Lorelei.

Dorabella à l’approche du défilé et du rocher de la Lorelei.

«Les sommets sont couleur de miel aux rayons du soleil couchant. Là-haut assise est la plus belle des jeunes filles, une merveille… Et l’étrange chant qu’elle chante est une mélodie puissante. Le batelier sur son esquif est saisi de vives douleurs, il ne regarde pas le récif…» L’avertissement lancé par le poète Heinrich Heine il y a près de 200 ans (1824) résonne toujours entre les falaises. Certes, à l’époque, la navigation sur le Rhin était à ses balbutiements. La première liaison commerciale en bateau à vapeur entre Mayence et Cologne n’a été instituée qu’en 1827. Le bateau s’appelait le Concordia. Le 11 septembre de la même année, le Concordia se cogna aux rochers du Binger Loch. Dès lors, on décida de faire exploser les rochers en question pour élargir le chenal à 60 mètres, soit près de 10 fois plus qu’avant ! Du même coup, le courant a été considérablement réduit.

Convoi montant à l'assaut de la Lorelei, à hauteur de St-Goar.

Convoi montant à l’assaut de la Lorelei, à hauteur de St-Goar.

Le défilé de la Lorelei nous attend au KM 554, surplombé par une haute roche. Là, le fleuve se réduit fortement en même temps qu’il se faufile presque à angle droit entre les falaises. Les grands convois ne peuvent pas s’y croiser. Mais seuls les montants peuvent attendre à hauteur de St Goar en équilibrant leur vitesse avec celle du courant. Le passage est surveillé par radar. De notre côté, nous étions bien intégrés dans le traffic commercial, avec suffisamment de distance entre les bateaux. Aucun problème donc.

St. Goarshausen et Burg Katz. Nous avons passé la Lorelei en résistant au chant de la sirène!

St. Goarshausen et Burg Katz. Nous avons passé la Lorelei en résistant au chant de la sirène!

Au cours des deux dernières heures de navigation, ce fut une succession de paysages superbes et de châteaux. Dommage que le ciel se soit couvert. Bonjour Coblence. Nous avons une belle étape et un beau souvenir au fond des yeux…

L'amiral Happy est fatigué mais content.

Que d’émotions ! L’amiral Happy est fatigué mais content: tout s’est bien passé.

En route pour le Rhin romantique…

Nous quittons le Eicher See à regrets. C’est promis, il faudra y revenir et prendre un peu de temps pour explorer le lac avec l’annexe, histoire de goûter un peu mieux à ce petit paradis secret. Encore une fois, on ne rencontre quasiment pas de pavillon français par ici alors que l’Alsace est à moins de 200 kilomètres de navigation. Quel dommage ! Ceux qui ne rêvent que de mettre le cap au sud ne savent pas ce qu’ils ratent !

Porte-conteneurs Empire

En sortant du Eicher See nous laissons passer devant nous (euh, pouvait-on se permettre de griller la priorité à ce monstre de 190 mètres ?) un énorme porte conteneurs néerlandais. L’Empire, c’est son nom, est basé à Dordrecht près de Rotterdam. C’est un bateau de 110 mètres qui pousse une barge de 80 mètres. Il sera notre poisson pilote pendant toute la journée.

Les eaux du lac sont un miroir sur lequel nous glissons vers le fleuve. Les équipiers sont postés à la proue pour guetter le trafic sur le fleuve. Nous voici donc de retour sur le Rhin, le plus long fleuve se déversant dans la mer du Nord et l’une des voies navigables les plus fréquentées du monde. Aujourd’hui nous commençons au KM 466. La destination est au KM 425, en rive droite. Nous avons réservé par téléphone une place au port de plaisance de Rüdesheim. En sortant du Eicher See nous laissons passer devant nous (euh, pouvait-on se permettre de griller la priorité à ce monstre de 190 mètres ?) un énorme porte conteneurs néerlandais. Cela évoque des souvenirs de nos navigations aux Pays-Bas au printemps 2013. L’Empire, c’est son nom, est basé à Dordrecht près de Rotterdam. C’est un bateau de 110 mètres qui pousse une barge de 80 mètres. Il sera notre poisson pilote pendant toute la journée. Nous ne le quitterons que pour prendre le chenal menant à Rüdesheim.

En passant par Mayence (Mainz)…

chateau de Biebrich à Wiesbaden

Le château de Biebrich (en allemand: Schloss Biebrich) est une résidence baroque dans le quartier de Biebrich à Wiesbaden, sur la rive droite du Rhin, en face de Mayence.

Une petite heure après le départ, à hauteur de Nierstein, les grands vignobles du Rhin changent le paysage. Le soleil risque une apparition timide. Les vignes formeront notre décor jusqu’à la fin de la journée, avec une petite interruption pour la traversée de l’agglomération de Mayence (Mainz).

port industriel de Mayence

Le port industriel de Mayence. Ici le transport fluvial a toute son importance.

La traversée de Mayence donne l’impression d’une ville opulente. Située sur la rive gauche du Rhin, Mayence est la première ville d’Allemagne pour le commerce du vin. Juste en face se situe l’embouchure du Main qui mène à Francfort.

Mayence

Mayence, sur la rive gauche du Rhin, au KM 500. Nous suivons toujours l’Empire qui nous ouvre la route.

C’est du Main que nous voyons surgir un bateau de passagers qui fonce à toute vapeur en zigzaguant entre les bateaux de frêt et les plaisanciers qui se trouvent sur son chemin. C’est un bateau bus qui dessert de nombreuses haltes. Il y a intérêt à deviner où il va s’arrêter pour repartir de plus belle à l’assaut du fleuve. Un cow-boy, un faux-zorro je vous dis, le roi de la queue de poisson !

Bateau-bus sur le Rhin aux environs de Mayence

Bateau-bus sur le Rhin aux environs de Mayence. Gare au comportement sans foi ni loi de ces navires. Le fleuve est à eux !

… et les vignobles, sur la route de Rüdesheim

Mayence-Hesse-rhénane fait partie du Réseau des Capitales de Grands Vignobles « Great Wine Capitals » avec les autres huit villes membres du réseau : Bilbao-Rioja, Bordeaux-Vignoble de Bordeaux, Le Cap, Florence-Toscane, Melbourne, Mendoza-Vignoble de Mendoza, Porto et San Francisco-Napa Valley. Le gratin quoi… Au fil des kilomètres le long du fleuve, on comprend pourquoi. La dernière heure de navigation de cette journée offre un beau spectacle. Partout des vignobles soignés et de riches demeures…

Lorsque nous arrivons, le port de plaisance de Rüdesheim est encombré de bateaux de dimensions respectables. Au bout du chenal, le capitaine, du haut de la péniche du club, nous fait signe d’approcher mais je n’ai pas trop envie de jouer des pare-battages pour aller me faufiler dans ce qui peut devenir un traquenard si le vent est violent quand il faudra repartir. Au passage, des plaisanciers nous font signe et nous montrent un emplacement libre avec suffisamment de place pour manœuvrer. C’est vendu, on y va ! Tant pis pour l’amiral Happy qui devra marcher un peu plus pour se rendre à terre…

Le port de plaisance de RüdesheimLe port de plaisance de Rüdesheim

Le port de plaisance de Rüdesheim

Rüdesheim, escale obligée des paquebots de croisière…

Rüdesheim am Rhein

Une belle soirée s’annonce. Nous décidons de marcher à travers les vergers pour rejoindre le village de Rüdesheim. Un joli chemin, une piste cyclable en fait, y mène. Il faut marcher un kilomètre et demi pour atteindre le cœur du village, là où sont amarrés tous les paquebots-hôtels. Toute croisière sur le Rhin romantique fait escale à Rüdesheim ! Et quand il n’y a plus de ponton libre, les paquebots se mettent à couple. C’est dire qu’il y a du monde !

Rüdesheim, escale obligée de tous les paquebots fluviaux

Rüdesheim, escale obligée de tous les paquebots fluviaux

En nous faufilant à travers une foule bigarrée nous nous dirigeons vers la Drosselgasse qui nous a été vantée comme la plus célèbre rue viticole du monde. Bon, pour être franc, étant habitués aux rues historiques des villages alsaciens comme Riquewihr ou Ribeaullé, nous n’avons pas été impressionnés, mais vraiment pas. L’endroit est charmant, entièrement consacré à la consommation du vin par tavernes interposées (je n’ose pas utiliser le terme « dégustation »), mais d’un point de vue architectural, il y a beaucoup mieux en Allemagne. Tout est organisé pour le tourisme de masse généré par les paquebots. Business is business. D’autres pourraient en faire autant en France, à condition d’avoir l’esprit d’entreprise qui va avec.

En fait, l’intérêt de Rüdesheim est ailleurs: un télésiège (il y en a beaucoup en Allemagne) permet de se rendre au sommet des vignobles pour admirer le Rhin dans son écrin doré. Ensuite, on redescend par un autre télésiège vers un village voisin, on traverse le Rhin pour visiter la ville de Bingen avant de revenir par le ferry à passagers à Rüdesheim. Une belle journée de balade… Et surtout, Rüdesheim est la porte d’entrée du mystérieux et redouté Rhin romantique et de ses gorges défendues par la Lorelei. A suivre…

Escale au Eicher See

Nos amis américains, Silvia et Bob nous ont rejoints à Speyer. Plus on est de fous, plus on rit dit-on.

Avec Bob et Silvia

Retrouvailles avec Bob et Silvia…

C’est vrai aussi sur un bateau à condition que l’équipage s’entende bien, ce qui est le cas. Sinon, l’amiral Happy veille à mettre rapidement tout le monde d’accord. Oui, le petit loup de rivière a pris du galon. La valeur n’attend pas le nombre des années dit-on, surtout quand on sait se débrouiller pour mettre tout le monde dans sa poche!

Le capitaine Happy nouvellement promu Amiral

Le capitaine Happy, nouvellement promu Amiral, porte sa tenue blanche d’apparat et un regard sévère.

A vos ordres Amiral !

Happy est-elle le premier amiral féminin de notre flotte de plaisance (euh, juste un bateau et son annexe). Toujours vêtue de son uniforme de parade blanc — Bon, c’est vrai, parfois c’est un blanc qui tire sur le gris mais l’intéressée saura souligner qu’elle ne fait alors pas l’objet de tous les soins dûs à son rang — Happy arpente le pont. Il y a intérêt à ce que tout soit bien rangé et à sa place car une inspection inopinée est toujours possible. Contrairement au capitaine et aux matelots qui triment à la manœuvre et à l’entretien du navire, l’amiral est prompt à l’aboiement si le déroulement de la manœuvre ne lui convient pas, s’il n’est pas associé immédiatement aux réjouissances de bord, si le moindre chien non galonné se hasarde sur un ponton ou passe dans son champ visuel sans avoir salué!

Inspection surprise de l'amiral Happy

Une inspection surprise de l’amiral Happy est possible à tout moment. Les cabines doivent être bien rangées!

Plusieurs fois par jour, l’amiral inspecte le port ou le ponton d’escale de la mi-journée, ses équipements et les environs. Les critères pris en considération pour évaluer sa satisfaction sont divers et variés, souvent incompréhensibles par le petit personnel de bord. La largeur et la stabilité des pontons et catways, le matériau utilisé sont jugés… Ainsi, les pontons faits de grilles métalliques sur lesquelles l’amiral ne peut pas poser ses augustes pattes sans se faire mal écopent d’emblée d’une excellente note: l’amiral demande alors à ce que le sous-fiffre qui lui sert d’escorte le soulève et le porte dans ses bras! La propreté des pontons est aussi notée. Alors que le simple matelot aurait tendance à prier les canards d’aller poser leurs fientes ailleurs, l’amiral ferait plutôt preuve d’une indulgence complice avec ces volatiles flottants le jour et terrestres la nuit. C’est avec un plaisir non dissimulé que notre officier supérieur tente de vérifier la qualité du camouflage (dissimulation colorée et olfactive) que pourraient procurer les échantillons trouvés sur le ponton en allant inspecter la qualité du pain préparé par le boulanger local…

La jolie pelouse du club nautique

L’Amiral Happy inspecte la jolie pelouse du club nautique de Gernsheim, au Eicher See.

La qualité de l’environnement est également jugée, notamment le soin apporté à la tonte de l’herbe et mieux encore, des pelouses. Une herbe haute dans laquelle il faut se frayer un chemin avec le museau est moyennement appréciée. De plus, il faut sauter, donc se fatiguer bêtement, pour avancer vers l’inconnu. La note obtenue sera très moyenne. Par contre, une herbe — et mieux encore, le fin du fin, une pelouse! — drue et fraîchement tondue obtiendra souvent, après examen approfondi, une note élevée. Le test de qualité consiste à se rouler dans l’herbe, faire des tonneaux et des roulé-boulés puis à courir à toute vitesse en décrivant des huits. La densité de l’herbe et la qualité de la coupe doivent permettre une course confortable et précise. Une légère coloration verte des pattes et de l’uniforme est une preuve de la fraîcheur de la tonte de l’herbe.

Eicher See, petit paradis caché…

Escale au Eicher See

Escale au Eicher See (KM 466 rive gauche du Rhin), à l’un des pontons du club nautique de Gernsheim. Un bien bel endroit que nous vous recommandons sans hésitation.

Aujourd’hui, l’amiral a été comblé. La canicule s’est calmée et les nuages ont jeté une ombre bienfaitrice sur le Rhin. L’amiral et son équipage, en route de Speyer vers le nord au fil du Rhin, n’ont pas souffert de la chaleur. Les 65 kilomètres du jour, (sans aucune écluse, faut-il le rappeler ?) ont été couverts en a peine plus de 3 heures de navigation paisible.

L’escale du jour se situe au Eicher See, une immense gravière, un vrai lac (aux eaux limpides) devenu résidence de loisirs pour de nombreux propriétaires de cabanes et autres résidences secondaires qui se sont installées au fil des décennies sur les rives de ce lac artificiel. Plusieurs clubs nautiques y ont installé pontons et club-houses.

J’avais pris un contact téléphonique avec le responsable du Motor und Segelbootclub Gernsheim qui m’avait assuré que nous pourrions nous amarrer chez eux pour la nuit. Nous devions toutefois être vigilants pour nous rendre à terre car la tempête du printemps avait endommagé certains pontons. Les neufs seraient mis en place d’ici quelques semaines. Si la canicule a bien pris son jour de repos aujourd’hui, le vent, prévenu de notre arrivée, s’est levé. En signe de respect probablement. De grand respect même, vu l’énergie déployée par ce vent! Il a toutefois eu le bon goût de souffler de face au moment de l’accostage, rendant l’opération très simple.

Eicher See

A notre arrivée au Eicher See, probablement en signe de respect, le vent s’est levé…

L’amiral a immédiatement demandé à inspecter les lieux: un grand ponton fait d’une grille dont l’accès a la rive a effectivement été très malmené par la tempête. Il faut faire attention où on met les pieds. L’amiral, dans les bras de l’un de ses subordonnés, est ravi. Parvenu à terre en sécurité Happy est déposée sur un tapis d’herbe drue, fraîchement tondue et agrémentée de fleurs. Si le soleil n’avait pas pris sa journée, l’endroit eût été magique. Un air de cabane au Canada…

Coucher de soleil sur le Eicher See

Coucher de soleil sur le Eicher See

Le club-house est ouvert. Les sanitaires aussi. Tout est d’une propreté impeccable et en libre service. Un équipage membre du club passe par là. C’est l’occasion de prendre une bière ensemble. A l’heure convenue, le livreur de pizzas nous apporte notre commande. Le jour décline et le soleil vient nous faire une belle révérence au moment de se coucher. Une très belle journée, vraiment.

 

Spire (Speyer), ville historique au port de plaisance flambant neuf

Le départ de Leimersheim (KM 373) fut beaucoup moins chaotique que l’arrivée (voir l’article précédent) et la navigation de la journée plutôt courte puisque le port de plaisance de Speyer est au KM 401. Soit 2 petites heures de navigation.

Un port de plaisance flambant neuf et bien pensé

Dorabella au port de Speyer

Dorabella au port de Speyer. Le niveau du Rhin est bas en cet été 2015. La rampe d’accès est d’autant plus raide à monter!

A Speyer, le port de plaisance n’est qu’à quelques pas de la ville historique. Il a été pensé en tant que partie intégrante du cadre de vie avec de beaux immeubles de qualité qui l’entourent (avec de belles terrasses donnant sur le port). Ici on a compris que les bateaux de plaisance sont un élément essentiel à la vie du fleuve et à l’animation du cadre de vie, y compris pour tous ceux qui ne naviguent pas.

Port de plaisance de Speyer sur fond de cathédrale

Le port de plaisance de Speyer est à deux pas du centre-ville historique. Les tours de l’imposante cathédrale romane surgissent derrière les bâtiments résidentiels aux larges baies vitrées et spacieuses terrasses qui bordent le port.

La navigation est aussi ancienne que la civilisation. La navigation de plaisance n’est pas une lubie pour gens qui ont de l’argent à jeter par la fenêtre mais une façon de passer ses loisirs à la mode nomade. La résidence secondaire est passée dans les mœurs depuis longtemps. Un bateau n’est pas autre chose qu’une résidence secondaire capable de se déplacer et de s’installer dans un environnement toujours différent. Une sorte de camping-car qui glisse au fil de l’eau. Pourtant, bien des camping-cars modernes sont beaucoup plus chers que nombre de bateaux de plaisance. Passe-t-on son temps à regarder manœuvrer les camping-cars? Non. Par contre, les évolutions des bateaux sur l’eau ont toujours fasciné petits et grands.

Un tout nouveau bâtiment multi-fonctions: restaurant gastronomique, capitainerie et sanitaires pour le port.

Lorsque nous arrivons à Speyer, le tout nouveau bâtiment sur le port qui abrite un restaurant gastronomique, la capitainerie et les sanitaires, est ouvert depuis 15 jours seulement. « Gastronomique » n’est pas un vain mot. Nous y avons déjeûné et nous nous sommes régalés d’une cuisine fine et savoureuse qui n’a rien à envier aux meilleurs restaurants français. Ceux qui sont des adeptes du guide Michelin rouge savent que le nombre de belles tables a explosé en Allemagne, où il est possible depuis quelques années de faire de très belles découvertes.

Accès aux nouvelles installations sanitaires du port de Speyer

Accès aux nouvelles installations sanitaires du port de Speyer. Sur la droite le lecteur de code-barres qui vérifie que c’est bien un usager dûment enregistré qui veut pénétrer dans les lieux.

Quant aux installations hi-tech du port, bien des marinas françaises beaucoup plus chères seraient avisées de s’en inspirer. Mis à part la permanence à la capitainerie (joignable sur téléphone portable en dehors des heures de présence), tout le reste est automatisé et permet de limiter les coûts tout en offrant une prestation souple de bon niveau.


A son arrivée, chaque bateau reçoit par téléphone (ou à la borne d’information au ponton d’arrivée) un code pour sortir du ponton d’amarrage et se rendre au bâtiment principal. Plus exactement, la première étape consiste à se rendre à la caisse automatique du parking qui gère également les places de port. On y renseigne la taille de son bateau et son emplacement, le nombre de nuits et de personnes, etc. On paie la somme affichée et la machine délivre un reçu avec un code-barres valable pour le temps choisi. L’accès aux sanitaires et aux pontons depuis l’extérieur est contrôlé par la lecture optique du code-barres. Plus de clé à obtenir et à restituer… Le port est sous vidéo-surveillance. Sale temps pour les resquilleurs qu’on rencontre de temps en temps, qui profitent des installations des ports et partent à la cloche de bois au petit matin sans payer.

Speyer, ville d’histoire

Speyer ville d'histoire

Speyer ville d’histoire… Au petit matin, en allant chercher le pain frais…

Speyer (Spire en français) compte aujourd’hui environ 50 000 habitants. C’est une ancienne ville impériale, dont l’imposante cathédrale romane est l’un des monuments majeurs de l’art du Saint-Empire romain germanique. Pendant 3 siècles elle a été le lieu de sépulture de huit rois et empereurs allemands. Au XVe siècle, Speyer est un centre important de fabrication du drap. Elle devient aussi un centre pour l’imprimerie. En 1689, lors des guerres de succession du Palatinat, la cathédrale et la ville sont presque totalement incendiées par Ezéchiel de Mélac et les troupes françaises de Louis XIV. Dix ans après, les habitants sont autorisés à se réinstaller dans la ville détruite. Tous les bâtiments historiques sont construits lors de cette période, à partir de 1700, comme la mairie, l’église de la Trinité, la maison des marchands sur la place de l’ancien marché et de nombreuses maisons bourgeoises. C’est de cette époque que date l’aspect actuel de la ville historique de Speyer.

Gourmandise à la terrasse d'un glacier sur la grand-place de Speyer

Gourmandise à la terrasse d’un glacier (ils sont plusieurs) sur la grand-place de Speyer. La cathédrale romane à l’arrière-plan. Le bâtiment en partie masqué par la crème glacée est l’ancienne mairie.

Larguez vos amarres !

Speyer n’est quà 100 kilomètres environ de Strasbourg par le Rhin. Pourtant, nous n’avons pas rencontré beaucoup de pavillons français en chemin. Juste un ou deux en fait. C’est bien dommage. C’est une belle destination de sortie au départ de l’Alsace, surtout pour les nombreux bateaux fortement motorisés que nous avons vus sommeiller dans les ports plus en amont et qui sont parfaitement adaptés à la remontée du Rhin à contre-courant pour retourner à leur port d’attache. Les autres, comme nous, carresseront le Rhin dans le sens du poil en faisant une superbe boucle dans le sens inverse des aiguilles d’une montre: Rhin avalant jusqu’à Coblence, puis retour montant par la Moselle, la Sarre (des rivières canalisées et à faible courant bordées de paysages magnifiques) et le canal de la Sarre.

 

Sur le Rhin Sauvage – escale à Leimersheim

Sur le Carnet de Molly – 24 juillet…  Nous venons de quitter Beinheim, Port du Cercle Nautique de l’Alsace du Nord. Nous y avions abandonné la pauvre Dorabella qui y est restée 1 mois à attendre comme Godot l’ouverture du Plan Incliné d’Arzviller qui devait être réparé pour le 15 juillet et qui finalement n’est toujours pas opérationnel. Donc application du plan B: descendre le Rhin jusqu’à Coblence et de là remonter la Moselle et la Sarre.

Sur le Rhin sauvage, à hauteur de Lauterbourg

Sur le Rhin sauvage, à hauteur de Lauterbourg. Hauts fonds et chenal plus étroit par endroits occasionnent remous et tourbillons. Il faut bien rester dans le chenal balisé…

De Beinheim à Maxau

Nous prenons donc congé de nos hôtes du Cercle Nautique d’Alsace du Nord et nous voici partis sur ce qu’ils appellent le « Rhin Sauvage ». Imaginez un peu: plus une seule écluse jusqu’à la mer du Nord! Plus de temps perdu à attendre son tour en faisant des ronds dans l’eau quand il n’y a pas de ponton d’attente. En contrepartie, le fleuve est livré à lui-même et les conditions de navigation seront plus que jamais liées à son débit. Nous sommes avalants et le Rhin, bien que en régime de basses eaux, va nous faire avancer à une vitesse que nous n’avions pas encore atteinte, pas même sur le Rhône l’an dernier.

Barge transportant le tablier du pont du nouveau tram de Strasbourg à Kehl

Une rencontre impressionnante: la barge transportant le second tablier du pont du nouveau tram de Strasbourg à Kehl. Le pousseur belge Walwick (2 x 1350 CV) remonte précautionneusement le Rhin avec un convoi de 4 000 t et 220 m au total!

ravitaillement au port de plaisance de Maxau

Ravitaillement en carburant au port de plaisance de Maxau (Karlsruhe). L’équipage en a profité pour déjeuner au club nautique local.

Sur le Carnet de Molly – 24 juillet… Le bateau file comme le vent dans le sens du courant. Presque 11 noeuds!

Il faut toutefois être très attentif à la circulation des commerces qui sont extrêmement nombreux. Tous ces bateaux sont de nationalités allemande, néerlandaise, belge ou suisse. Pas vu de français. Où sont-ils et que font-ils? Il est tout de même curieux, alors que Strasbourg est le 2e port fluvial français, que tout le trafic soit assuré par des entreprises étrangères. A moins que les français ne naviguent sous pavillon étranger plus avantageux? Mystère…

Molly à la barre de Dorabella

Molly à la barre de Dorabella

Une arrivée sportive !

Abrutis par la canicule nous nous étions dit que le petit port de Leimersheim caché dans la verdure au sud de Speyer serait un endroit charmant pour faire escale et attendre que la journée d’orages annoncés passe… Au téléphone, le capitaine du port nous avait bien conseillé de faire attention au courant et aux haut-fonds. Nous avons fait de notre mieux mais la vedette de la police fluviale allemande qui nous escortait et nous photographiait a certainement nui à notre concentration. La grosse prise d’eau juste en aval du chenal menant au port et le courant supplémentaire généré n’a pas arrangé les choses… Nous sommes revenus à contre-courant mais nous avons viré sur tribord trop tôt… Lorsque la quille du bateau est allée flirter avec le banc de gravier qui a tenté de la retenir: la pauvre Dorabella, déstabilisée par le courant, s’est mise à gîter sur tribord de façon impressionnante. Le capitaine, soudain rappelé à une réalité urgente, s’est heureusement ressaisi et, poussant la puissance à fond, a réussi à ramener le navire en eau (suffisamment) profonde. Ouf!

Accès au petit port de Leimersheim

Accès au petit port de Leimersheim: il faut littéralement se coller au quai pour échapper au courant et aux bancs de gravier qui obstruent le passage! Pour entrer, remonter le Rhin au maximum et bifurquer rapidement à angle droit et en appliquant une grosse ressource pour que le courant n’ai pas le temps de vous entraîner sur les bancs de gravier que l’on distingue au milieu du passage… On pourrait se dire qu’un balisage rendrait service. Sauf que, avec les crues du Rhin, le profil change tout le temps.

Sur le Carnet de Molly – 24 juillet… Navigation sans histoire jusqu’à Leimersheim (DE). A Leimersheim nous sommes arrivés avec une chaleur torride on a failli s’échouer sur le banc de graviers à l’entrée du port. Le capitaine du port est venu nous accueillir et plus tard nous proposer des petits pains pour le lendemain matin, une belle tradition d’hospitalité allemande.
La nuit a été agitée par un bel orage qui a éclaté vers 23h30 et a duré plusieurs heures et a fait chuter la température de 10°. Ouf, il fait moins chaud! Mais il y a maintenant un fort vent de 60 km/h en rafales.

Une escale buccolique

Sur le Carnet de Molly – 24 juillet… Allons quitter Leimersheim demain c’est à dire le dimanche 26/07 pour Speyer où nos amis américains Bob et Sylvia nous attendent. Ils arrivent de Besançon où ils ont laissé Désirée (la vedette hollandaise que nous leur avons vendue il y a 3 ans). Ils nous rejoignent en train en passant par Strasbourg et Karlsruhe.

Bateau porte-conteneurs passant devant l'accès au port de Leimersheim

La sortie du port, au contraire, à l’abri du courant du Rhin, ne pose aucun problème… A condition de bien observer ce qui se passe sur le fleuve: ici un bateau porte-conteneurs passant devant l’accès au port de Leimersheim. Si un ou plusieurs patapoufs (*) surviennent, on peut s’amarrer facilement au quai en attendant que la voie soit libre…

(*) Patapouf : bateau de commerce jusqu’à 110 mètres de long dans le jargon de l’équipage de Dorabella. La nuit, lorsque tout est calme, le moteur des navires de commerce qui glissent sur le Rhin fait un pouf pouf pouf sourd… Mais « Patapouf » dans le langage des enfants est aussi quelqu’un de gros et de lourd… Mais lorsque les bateaux sont de plus en plus gros, il faut trouver une gradation.
Voici donc celle que nous avons établie par expérience.

  • Pata-pouf : bateau de commerce jusqu’à 110 mètres de long
  • Pata-pouf-pouf : bateau de commerce jusqu’à 110 mètres de long + barge poussée. Souvent un convoi de 190 mètres au total.
  • Pata-pouf-pouf-pouf : bateau de commerce jusqu’à 110 mètres de long + barge de 80 mètres + une ou 2 barges à couple! Donc uonvoi de double largeur et 190 mètres de long. Impressionnant.

Le Rhin au nord de Strasbourg et jusqu’à Beinheim

Fin juin nous quittons l’île du Rhin et repartons sur le grand canal d’Alsace en direction du nord. Cette fois nous sommes avalants et la vitesse est beaucoup plus soutenue. Pas besoin de se lever aux aurores pour rallier Strasbourg.

Ouettes d’Egypte

Chemin faisant, nous rencontrons souvent ce drôle d’oiseau, une sorte d’oie aux nuances de couleurs brunes et blanches. En cherchant sur notre application mobile, nous apprenons qu’il s’agit de l’ouette d’Egypte qui était considérée comme sacrée dans l’ Égypte antique. On la trouve dans toute la vallée du Nil, jusqu’au barrage d’Assouan. Sur Wikipedia, on apprend que l’Ouette d’Égypte a été introduite en Angleterre, aux Pays-Bas et en Allemagne où elle est commune aujourd’hui. Des oiseaux issus de ces populations sont de plus en plus souvent observés en France, en Belgique et dans d’autres pays d’Europe. C’est la première fois que nous en voyons en Alsace.

Ouettes d'Egypte

Ouettes d’Egypte sur le grand canal d’Alsace.

Escale à Strasbourg…

A Strasbourg, chez Accastillage Diffusion, rue de Boulogne, nous attendent quelques nouveaux équipements pour Dorabella. Au programme, l’échange standard de l’un des frigos qui, depuis le début de la saison, refuse obstinément de se remettre en marche. Et aussi un beau barbecue en inox… Pour moi, c’est l’occasion de revenir dans le petit port, pas loin de l’écluse Sud, là où j’ai passé mon permis bateau il y a quelques années…

Au port, dans le bassin Gaston Haelling à Strasbourg.

Dorabella au port, dans le bassin Gaston Haelling à Strasbourg.

En route vers le nord et séjour à Beinheim

Passerelle des 2 rives entre Strasbourg et Kehl

Passerelle des 2 rives entre Strasbourg et Kehl

Notre intention est toujours de rejoindre les Pays-Bas via la Sarre et la Moselle. Toutefois, à mesure que se rapproche la date prévue pour la réouverture du plan incliné de Arzwiller, le doute s’installe. La presse régionale évoque un possible retard et d’un bateau à l’autre, il se murmure que le plan incliné ne sera pas réouvert le 15 juillet comme initialement prévu. Donc, plutôt que de nous engager dans un cul-de-sac, nous abandonnons l’idée du canal de la Marne au Rhin pour rester encore sur le Rhin. En voiture, nous avons été visiter quelques ports et clubs nautiques au nord de Strasbourg. Beinheim, le port du Cercle Nautique de l’Alsace du Nord peut nous accueillir pour le mois de juillet.

Le premier avantage de Beinheim est sa situation géographique: pas trop loin pour pouvoir revenir vers Strasbourg si le plan incliné se décidait à ouvrir. Le plan B étant de continuer vers le nord et les Pays-Bas, directement via le Rhin…

Carte de situation du port de plaisance de Beinheim sur le Rhin

Carte de situation du port de plaisance de Beinheim sur le Rhin

Ensuite, installé dans une ancienne gravière qui abrite aussi deux autres clubs allemands et leurs installations, le Cercle Nautique de l’Alsace du Nord vient de se doter d’un tout nouveau ponton superbement équipé. Dorabella y sera en sécurité pendant que nous irons nous retournerons au bureau…

Le nouveau ponton du Cercle Nautique d'Alsace du nord à Beinheim

Le nouveau ponton du Cercle Nautique d’Alsace du nord à Beinheim

24 Juillet 2015 — Sur le carnet de Molly

Finalement, Dorabella est restée 1 mois à attendre comme Godot l’ouverture du Plan Incliné d’Arzviller qui devait être réparé pour le 15 juillet et qui finalement n’est toujours pas opérationnel. Sur le site internet de VNF un avis laconique a remplacé la promesse d’ouverture au 15 juillet: circulation interrompue « jusqu’à nouvel avis »… Donc application du plan B: descendre le Rhin jusqu’à Coblence et de là remonter la Moselle et la Sarre. On nous a également recommandé de faire un bout de chemin sur le Neckar (très romantique, avec plein de châteaux et de vignobles).

Au Cercle Nautique d'Alsace du nord

Dorabella au Cercle Nautique d’Alsace du nord, à Beinheim. En arrière-plan, on distingue la Forêt-Noire.

Le port de Beinheim était très agréable s’il n’y avait pas eu tant de moustiques. Beaucoup d’inondations au printemps et malheureusement pas de traitement anti-moustiques. Equipements tout neufs du port qui ont été inaugurés en juin 2015.  Barbecue et sanitaires corrects.
Il y a, entre le village de Beinheim et le port de plaisance, un centre de marques qui propose en permanence des produits de marque soldés.
On a aussi fait une incursion à Baden Baden (15 kms de Beinheim), très belle ville thermale arborée. Beaux commerces chics et chers. On a déambulé sans but précis dans la ville malgré la chaleur.

Un soir, nous sommes allés dans un petit troquet de Beinheim. Je ne sais plus ce qu’on y a mangé mais la patronne nous a sorti en fin de soirée son perroquet australien Charlie 5 ans qui parle vraiment bien et qui est d’une beauté remarquable: blanc immaculé avec une huppe jaune clair. Charlie déploie des plumes blanches et sa huppe au gré de son humeur et on assiste à un vrai ballet. Ces 2 là ont l’air de beaucoup s’aimer.

Charlie, le perroquet australien

Charlie, le perroquet australien