Cap au sud ! Pour mieux rejoindre le nord…

Notre destination de cet automne 2015, c’est le delta du Rhin et de la Meuse aux Pays-Bas. Plus précisément, Brouwershaven, un joli port hollandais où Dorabella doit passer l’hiver au sec et au chaud avant de naviguer la saison prochaine sur le Ijsselmeer et en Frise. Un long déplacement en bateau, ce n’est pas un exploit, ça se prévoit juste un peu à l’avance. Pour rejoindre les Pays-Bas où nous avions passé l’été 2013 nous avons prévu un itinéraire qui nous semble sympathique et spectaculaire­: au départ de Strasbourg, rejoindre la Sarre et la Moselle par le canal de la Marne au Rhin et le canal de la Sarre (ex canal des Houillères de la Sarre). Ensuite, rejoindre le Rhin à Coblence pour la suite du parcours. Pour l’instant on déplore toutefois un tout petit rien : le plan incliné d’Arzwiller, le fameux ascenseur à bateaux est en panne depuis de longs mois. Mais sa ré-ouverture est annoncée pour la mi-juillet (2015). La décision est prise de faire des ronds dans l’eau en attendant l’heureux événement…

Sur le grand canal d’Alsace

Bac de Rhinau, entre la France et l'Allemagne

Bac de Rhinau, entre la France et l’Allemagne. Règle mathématique: le bac se met toujours en route au moment où vous vous apprêtez à passer…

A l’automne dernier — le bateau devant être sorti de l’eau à date précise — nous avions rallié Strasbourg par une dernière étape marathon: du port de Kembs près de Mulhouse jusqu’à Strasbourg dans la même journée ! Chemin faisant, nous avions aperçu Breisach am Rhein et son site spectaculaire. Sur l’île du Rhin entre la France et l’Allemagne se trouve un joli port bien à l’abri et bien équipé. Sur le guide du plaisancier il est localisé à Biesheim (Alsace) mais il est connu dans la région sous le nom de « Fuchshafen », le port de M. Fuchs, son patron. Rendez-vous est donc pris pour y séjourner quelques semaines et découvrir les environs.

Ecluse sur le Rhin et le Grand Canal d'Alsace

Les écluses sur le Rhin et le Grand Canal d’Alsace sont (sauf une) équipées de bollards flottants fort appréciés par l’équipage du Dorabella

Les 66 kilomètres (en montant certes) et les 5 écluses auraient pu être franchis dans la journée. Seulement voilà…

Capitaine Happy le Westie

Le capitaine Happy surveille le bon déroulement des opérations et applique à lui-même la consigne: port du gilet de sauvetage pour tout le monde!

Les écluses, c’est parfois comme la loterie. On ne gagne pas à tous les coups. Surtout quand elles sont grandes, en maintenance, et sollicitées en priorité par le traffic commercial. Et ce jour-là, les attentes prolongées ont été systématiques…

Ecluse de Rhinau sur le Rhin

Dorabella partage l’écluse avec une péniche chargée qui s’apprête à extraire ses 110 mètres du sas.

Séance coiffure pour Happy le Westie

Entre deux écluses, Happy le Westie, capitaine honoraire du navire, bénéficie du traitement VIP réservé aux personnages de son rang…

Escale au port de plaisance de Lahr (Allemagne)

Le petit port allemand de Lahr, à mi-parcours, avait initialement été prévu pour une courte halte déjeuner et pause pipi pour le capitaine honoraire du bateau, Happy le Westie.

Port de plaisance de Lahr en Allemagne.

Au kilomètre 268 sur la rive droite du Rhin, en amont de l’écluse de Gerstheim, le port de plaisance de Lahr en Allemagne. Pavillon Bleu.

Le soleil se couche tard en cette saison. Malgré le temps perdu, la destination était encore à portée. Mais face à l’accueil chaleureux reçu au club nautique de Lahr, l’équipage du Dorabella, à l’unanimité, décide de sacrifier à la sieste et à une bonne soirée à la péniche-restaurant du club !

Péniche restaurant du club nautique de Lahr

L’imposante péniche club house et restaurant du club nautique de Lahr…

Ponton visiteurs devant la péniche du club de Lahr

Le grand ponton réservé aux visiteurs devant la péniche du club offre un amarrage confortable. Et un itinéraire court et sécurisé pour le retour du bar.

Au printemps, sur les deux rives du Rhin, on se régale d’asperges. A toutes les sauces ! En ce week-end de la Pentecôte, elles sont à l’honneur au club nautique de Lahr.

Asperges servies à la péniche-restaurant de Lahr

Le Stammtisch, la table des habitués, nous accueille pour un menu « asperges » arrosé d’un excellent Spätburgunder local (pinot noir), vin rouge du Pays de Bade.

Le menu de la Pentecôte

Le menu de la Pentecôte…

Localisation du port de plaisance de Lahr.

Localisation du port de plaisance de Lahr: voir la pointe du stylo.

Pour les navigateurs tentés par une escale au port de plaisance de Lahr, voir sur l’image ci-dessus la localisation exacte et la contribution versée pour l’escale.

Le site internet du Yacht Club Lahr

C’est le printemps ! Fini l’hivernage !

Voici revenu le temps de retrouver notre brave «Dorabella». Depuis fin octobre 2014, elle attend sagement dans un hangar du port de Strasbourg que la nouvelle saison de navigation arrive… Cette année, ce sera le quatrième été que nous passerons ensemble à courir les rivières et les fleuves. Cap au nord, à destination des Pays-Bas, via la Sarre, la Moselle et le Rhin. Et pour que tout se passe au mieux, un petit travail de remise en beauté et en forme est nécessaire comme tous les ans à la fin de l’hiver. Au boulot !

L’hiver au sec, dans un hangar du port de Strasbourg, bien à l’abri des intempéries…

Hivernage 2014-2015 dans un hangar fermé à Strasbourg

Hivernage 2014-2015 dans un hangar fermé au port de Strasbourg

Qui veut voyager loin ménage sa monture. L’adage est bien connu et s’applique parfaitement au monde du bateau tout autant qu’à celui des chevaux. Notre bateau est notre fidèle compagnon pendant les meilleurs mois de l’année. Et pour qu’il puisse accomplir sa mission et nous mener à bon port, la moindre des choses est de le bichonner un peu. J’ai une pensée pour tous ces pauvres esquifs, croisés au fil de l’eau, qui croupissent au fond d’un port sous la mousse et la rouille, abandonnés par des propriétaires peu reconnaissants. Il n’y a pas de SPA pour les bateaux maltraités…

Du printemps à l’automne 2014, Dorabella a fait un beau voyage sur la Saône et le Rhône. Du port de l’Arsenal à Paris à Sète via Lyon-Confluence, les Roches de Condrieu, Valence, Aigues-Mortes, Lattes, Mâcon, Châlon sur Saône et d’autres haltes encore… Pour l’hiver 2014/2015, nous voulions trouver un lieu où notre bateau pourrait passer la mauvaise saison à l’abri des intempéries et du gel. L’année d’avant (2013), nous avions passé un été à naviguer aux Pays-Bas. C’est là que nous avions découvert la possibilité des hivernages au sec sous hangar hors gel. Notre Dorabella est entourée d’une impressionnante corde qui fait tout le tour du bateau (l’un des signes distinctifs des bateaux construits par Linssen) et d’un pont en teck. Passer l’hiver à l’abri contribue fortement à préserver le bateau.

Dessin Martine Krebs

Dorabella et son capitaine Happy. Tout comme la cigogne d’Alsace, ce sont des migrateurs…
Dessin Martine Krebs

Dorabella n’a pas de place à l’année. Ce n’est pas un bateau sédentaire qui sert de maison de week-end, toujours amarrée au même ponton. L’Europe est vaste, il y a tant à découvrir. Pourquoi rester scotchés au même endroit ? Nous sommes des nomades, avides de découvertes.

Nous voulions retourner aux Pays-Bas, merveilleux paradis pour le bateau. Nous avions découvert la Meuse auparavant. Cette fois, pourquoi ne pas rejoindre le Rhin, voie fluviale naturelle vers les Pays-Bas ? A Strasbourg, à quelques dizaines de kilomètres seulement de notre domicile, nous avons trouvé une place pour un hivernage au sec, bien à l’abri dans un hangar, chez Marc Ashbacher. Il est temps à présent de s’occuper du petit navire…

Anti-fouling, anodes, retouches, vidange et tutti quanti…

A l’approche de Pâques et des longs week-ends du mois de mai, l’affolement gagne les marinas. Les fans de bateau qui ont hâte de se retrouver à la barre — dont nous — s’agitent tous azimuts. Comment ? Je ne suis pas le seul ? Mon bateau va devoir attendre son tour ? Cette effervescence est bien sympathique. En attendant que Christoph, le mécanicien, puisse remettre en place l’hélice qui revient d’une remise à neuf, fixer un nouveau jeu d’anodes, ré-ajuster le presse-étoupe, faire l’entretien moteur et celui du groupe électrogène… Xavier s’occupe de parer les œuvres vives d’une peinture anti-fouling toute neuve.

Notre Dorabella est parée pour la nouvelle saison : coque polishée, anti-fouling, anodes neuves…

Notre Dorabella est parée pour la nouvelle saison : coque polishée, anti-fouling, anodes neuves…

Quant à moi, je m’intéresse à quelques retouches de peinture au-dessus de la ligne de flottaison. La coque est d’un joli bleu sombre. C’est beau mais gare aux éraflures et aux inévitables petits chocs ! La grosse rafale latérale en sortant d’une écluse est imparable : les pare-battages roulent et sont éjectés, la coque frotte et c’est la grosse rayure… La coque en acier ne risque rien mais l’amour-propre du capitaine en prend un coup. Heureusement, Monique, au chantier naval Linssen à Maasbracht, prend soin du moral des propriétaires de bateau et leur fournit les remèdes à leurs bobos. Sitôt demandé, le pot de peinture bi-composants met à peine 24 heures pour arriver en Alsace. Mastic, ponçage, petit coup de rouleau de mousse et hop, ni vu ni connu !

Le gros monstre sur pneus bardé de sangles s’approche, soulève Dorabella et l’entraîne hors du hangar. Quelques retouches d’anti-fouling encore et le bateau s’en retourne à l’eau pour de nouvelles aventures…

Mise à l'eau de Dorabella

Mise à l’eau de Dorabella – Marinest, port de Strasbourg